18 Aug 2017

title pic Les limites du dépistage mammographique

Posté par Bérengère Arnal le 20 octobre 2014

1) le cancer de l’intervalle
Un certain nombre de cancers du sein surviennent dans l’intervalle des 2 ans préconisés entre deux mammographies de dépistage (selon les études, entre 10 et 20% des cancers du sein dépistés). La majorité correspond à des tumeurs d’apparition récente et à caractère agressif. Les autres tumeurs n’ont pas été détectées lors de la mammographie ou ont été jugées bénignes à tort (faux négatifs). 1/3 des cancers de l’intervalle se manifeste la première année après le dépistage et 2/3 entre 12 et 24 mois.
Les facteurs de risque du cancer du sein de l’intervalle sont l’âge, l’obésité après la ménopause, les antécédents familiaux, les traitements hormonaux et les seins à densité mammaire radiologique élevée.

2) les faux négatifs
Il existe un authentique cancer du sein que la mammographie n’a pas révélé : cancers radio-transparents souvent lobulaires, tumeur très petite, tumeur cachée par d’autres images, localisation difficile à visualiser par la mammographie (aisselle,  à distance du sein sur la paroi thoracique). Ce sont 10% des cancers du sein qui ne sont pas détectés par la mammographie d’où l’importance de l’examen clinique et de la pratique d’une échographie complémentaire voire d’une IRM.

3) les faux positifs
Le résultat de la mammographie est jugé anormal alors qu’en réalité il n’y a pas de cancer. Clichés supplémentaires, biopsies voie intervention sont alors pratiqués pour rien. L’impact émotionnel est majeur. Le risque de faux positif est évalué entre 4 et 8% des mammographies. Il concerne plus particulièrement la femme avant 50 ans, dont les seins sont plus difficiles à analyser.

4) sur-diagnostic et sur-traitement
Un cancer est mis en évidence par la mammographie alors qu’il n’aurait peut-être pas été diagnostiqué pendant la vie de la patiente en l’absence de dépistage (sur-diagnostic) . Ce cancer est traité, alors qu’il n’aurait peut-être pas évolué du vivant de la femme. Il s’agit le plus souvent de cancers in situ, révélés par des foyers de microcalcifications, ils sont systématiquement traités (sur-traitement), parfois en enlevant le sein, alors que certains sont probablement peu évolutifs et ne seraient jamais devenus invasifs, il n’existe pour le moment aucun moyen de savoir si ce type de cancer va évoluer ou pas. Les chercheurs sont en quête de marqueurs d’évolutivité de la tumeur. 5 à 10% des cancers détectés seraient concernés.

5) le risque de cancer radio-induit
Ce risque n’est pas nul. Aussi n’est-il pas utile de pratiquer trop fréquemment de mammographie sauf en cas d’antécédents familiaux. La somme totale de radiations au cours de la vie de la femme et le jeune âge (moins de 50 ans, les seins sont plus denses et nécessitent des doses de rayons plus importante) influencent ce risque.

6) douleurs lors de la mammographie
Du fait de la compression, certaines femmes surtout si elles ont de petits seins, présentent des douleurs pouvant aboutir parfois à des malaises.

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