19 Aug 2018

title pic La phytothérapie vue et vécue par une gynécologue

Posté par Bérengère Arnal le 24 février 2016

Phytothérapie et gynécologie

Du grec, phuto –  la plante – et therapein – soigner – la phytothérapie est le traitement des maladies par les plantes. Le Pr Pierre Cornillot, biochimiste de formation, véritable pionnier en son temps, philosophe avant-gardiste, crée en 1982, au grand dam de ses confrères allopathes, le Département Universitaire de Médecines Naturelles à  la Faculté de Médecine Paris 13 dont il était le doyen fondateur. à‰taient enseignées aux médecins et aux étudiants en médecine, la phytothérapie[1], l’homéopathie, la naturothérapie, l’acupuncture, l’auriculothérapie, l’ostéopathie et la mésothérapie. Selon lui, la phytothérapie nous permet de retracer « l’histoire du médicament à  travers l’humanité ».

Le Pr Jean Pacalin, enseignant de thérapeutique (allopathique) à  la Faculté de Médecine de Bordeaux, la qualifiait de « mère de l’allopathie ».

Le Pr Michel Paris[2], titulaire de la chaire de pharmacognosie[3] à  la Faculté de Pharmacie de Chatenay-Malabry, est plus pragmatique. Il considère la phytothérapie comme « un outil thérapeutique utilisant les plantes ou les formes immédiatement dérivées des plantes excluant les principes actifs d’extraction pure isolés des plantes ».

La phytothérapie (et donc l’aromathérapie) a été reconnue en France comme une médecine à  part entière par le Ministère de la Santé en 1986.

Selon l’OMS, c’est environ 80{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff} de la population mondiale qui utilise au quotidien la phytothérapie, dans le respect de l’usage traditionnel, souvent transmise par voie orale de génération en génération. Les remèdes de « bonne femme » qui ont traversé les temps sont en fait des remèdes de bonne réputation : « bone fame ou bona fama » du latin, fama, réputation.

Le Pr Loic Girre [4], professeur de pharmacognosie de la Faculté de Pharmacie de Rennes, nous demande de « considérer les remèdes de bona fama jusqu’à  éventuelle preuve scientifique du contraire, comme de bons médicaments ».

Le Dr Henry Joseph, pharmacien, spécialiste de la pharmacognosie antillaise, le confirme : « le savoir populaire est un savoir scientifique formulé différemment ».

Le Pr Lamine N’Diaye qui enseigne la sociologie à  l’Université de Dakar-Sénégal, considère que « pour qu’un résultat thérapeutique soit durable, le traitement doit être en phase avec la personne et son groupe d’appartenance ».

Ainsi, à  l’heure du tout pouvoir de la Based Evidence Medicine[5], l’OMS va-t-elle encourager officiellement en 1999 les pays à  fournir des approches et des remèdes traditionnels sà»rs et efficaces au sein de leurs systèmes de santé publics et privés.

Quelques chiffres

{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff} officiel de la population se soignant en phytothérapie 10{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff} en France, 45{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff} en Allemagne

Nombre de molécules chimiques identifiées à  partir des plantes 170 000

Inventaire du végétal sur terre 10 à  20{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff} des espèces existantes

Espèces végétales présumées moins de 2 millions

Espèces végétales connues 200 000

Plantes répertoriées par l’OMS comme thérapeutiques dans 90 pays 20 000

Plantes parfaitement connues 2000

Utilisation de plantes à  usage thérapeutique 200

Dès le début du 19e siècle, des molécules encore prescrites à  ce jour, mais synthétisées par les laboratoires pharmaceutiques, sont isolées du végétal par des chimistes pionniers qui vont révolutionner l’univers de la pharmacologie et la pratique de la médecine : la morphine (de l’opium du pavot), la quinine (du quinquina), la colchicine (de la colchique), l’atropine (de la belladone), la digitoxine (de la digitale), l’aspirine (de la reine des prés, de l’écorce de saule blanc)…

Nombre de médicaments modernes allopathiques sont encore issus de plantes médicinales – soit extraits directement du végétal, soit issus par hémisynthèse à  partir de molécules végétales, soit produits par synthèse pure sur le modèle du principe actif végétal isolé, responsable de l’effet thérapeutique – sans que même ceux qui les prescrivent le sachent toujours. Ce sont plus de 60{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff} des médicaments conventionnels qui sont concernés, dont des antibiotiques, des hormones, des anticancéreux, …

Le Pr Kurt Hostettmann[6], à  la tête du Laboratoire de Pharmacognosie et de Phytochimie de l’à‰cole de Pharmacie de Genève-Lausanne écrit : « Les plantes ont toujours été à  la source des médicaments et le seront toujours ».

La place de la pharmacognosie autour des plantes médicinales, dans la recherche médicale moderne, est méconnue du grand public. Elle est pourtant essentielle pour notre avenir ainsi que celui des laboratoires de recherche pharmaceutiques. Les chercheurs sont sans cesse à  l’affà»t de nouveaux principes actifs végétaux dans la perspective de les isoler, de les évaluer et de les reproduire par synthèse ou hémisynthèse. Ils peuvent ainsi se libérer de la servitude de l’approvisionnement en plantes puis déposer des brevets, dont certains parfois de grande rentabilité. Ils modifient si besoin, les structures chimiques des plantes pour améliorer l’effet thérapeutique recherché, pour éliminer certains effets secondaires ou pour perfectionner le mode de prise (par exemple, voie orale plutà´t que parentérale).

Dès lors, des plantes médicinales deviennent une matière première permettant la fabrication de certains médicaments qu’il n’est pas possible de synthétiser entièrement.

La phytothérapie que nous pratiquons et enseignons se veut un outil thérapeutique moderne, issu d’un long usage traditionnel. Elle est une vraie médecine expérimentale allopathique[7], cautionnée, confirmée par les travaux de recherche en pharmacognosie tant dans les facultés de pharmacie, de sciences et parfois de médecine !

Cette industrialisation, parfois à  outrance pour des raisons mercantiles, peut éloigner le médecin et son patient, sa patiente de la notion de thérapeutique naturelle.

Des alertes sont lancées pour préserver l’authenticité de l’outil thérapeutique, les notions de totum et de synergie, tout comme de terrain s’imposent.

Le Dr Jean-Michel Morel[8]  définit le totum de la plante comme « un ensemble moléculaire complexe et cohérent, spécifique d’une espèce végétale bien définie par son génome ». Il est composé de l’un ou de plusieurs de ses organes et préparé dans la forme d’administration appropriée.

Le Pr Loà¯c Girre informe : « L’activité totale d’une plante n’est pas toujours la somme des activités de ses constituants chimiques pris isolément. Elle est souvent supérieure, parfois différente, et l’un des problèmes fondamentaux de la chimie extractive est la perte d’activité observée au fur et à  mesure de la purification des substances extraites. »

L’importance du totum de la plante est confirmée par le très médiatique Pr Jean-Marie Pelt (récemment décédé), autre pionnier, professeur de biologie végétale, de botanique et de pharmacognosie à  la Faculté de Pharmacie de Nancy puis à  l’Université de Metz o๠il fonde l’Institut Européen d’à‰cologie : « L’effet thérapeutique d’une plante médicinale ne peut être imputé à  un seul principe ou une seule molécule. C’est l’ensemble des substances présentes dans le végétal (donc le totum) qui détermine l’activité de la plante, par un effet de synergie[9]. »

Le Dr Paul Belaiche-Daninos[10], médecin généraliste phytothérapeute, véritable puits de science, s’exprimait devant les étudiants du Diplà´me Universitaire de Phytothérapie : « L’engouement pour l’extraction à  partir d’une plante de son agent actif principal puis sa synthèse, ont fait oublier l’importance du totum de la plante, considérant les autres constituants comme accessoires et inutiles. Le totum est plus efficace que le principe actif isolé et souvent en tempère les effets secondaires. La plante dans son totum présente des potentialités d’action très variées, pour un résultat plus sà»r, plus complet sur le terrain du malade ».

Il faut savoir « jouer » avec les potentialités multiples des plantes (une même plante peut avoir plusieurs activités thérapeutiques avérées), afin de composer des prescriptions à  double ou triple impact, et de ce fait moins coà»teuses – plus rien n’étant pris en charge, ni par la sécurité sociale, ni par la majorité des mutuelles -.

Prescrire une plante médicinale ne peut se faire sans une connaissance poussée de la physiologie et de la physiopathologie, de la pharmacognosie. On doit se rappeler en permanence les risques d’interactions avec d’autres plantes ou avec des molécules allopathiques, des effets secondaires possibles et la toxicité éventuelle des plantes utilisées.

Le Pr Jean-Marie Pelt alerte : « le caractère naturel d’une substance n’est en aucune manière un gage d’innocuité. »

L’expression populaire, « si ça ne vous fait pas de bien, ça ne vous fera pas de mal » porte tort à  la phytothérapie. Digitale, if, belladone, colchique, gui, muguet… l’existence de plantes toxiques, voire mortelles, incite à  la plus extrême prudence. D’autres plantes présentent des effets secondaires pouvant apparaà®tre plus tardivement, sans apparence de danger immédiat. Il faudra bien sà»r ne pas les utiliser (grande consoude, feuille de bourrache…).

Pour certaines plantes médicinales, la différence entre la dose thérapeutique et celle toxique, le poison, réside uniquement dans la quantité administrée.

La phytothérapie dont l’aromathérapie, ainsi que l’homéopathie, l’oligothérapie, la médecine chinoise dont l’acupuncture, l’auriculothérapie, la naturothérapie, la médecine manuelle (ostéopathie), la mésothérapie, etc. sont souvent imparfaitement qualifiées de médecines douces, naturelles, différentes, alternatives, complémentaires, non conventionnelles, …

Le terme de « médecines non conventionnelles » ne doit pas être opposé à  la médecine allopathique moderne dite « conventionnelle ».

Ces pratiques dites non conventionnelles peuvent, en effet, venir en complément d’un traitement conventionnel, parfois prendre la place de celui-ci en première intention pour les petits maux du quotidien, et d’autres fois être proposées en relais de celui-ci.

La dénomination légale et obligatoire de « complément alimentaire » ou celle habituelle de « compléments nutritionnels ou diététiques » pour les plantes médicinales, dessert l’image de la phytothérapie. Elle peut mettre en cause le sérieux de la prescription par le médecin averti. Le terme « phytomédicaments » (ou éventuellement de « produits naturels de santé ») est plus approprié.

Ces thérapeutiques à  base de plantes ont des indications précises, parfois des contre-indications absolues et d’autres relatives ; elles sont susceptibles, pour certaines, d’avoir des effets secondaires et/ou indésirables ; elles peuvent présenter des interactions avec des médicaments conventionnels ou avec d’autres végétaux. Il y  a souvent des précautions d’emploi et des limites d’utilisation à  connaà®tre.

L’automédication en matière de phytothérapie et tout particulièrement d’aromathérapie, très à  la mode, soutenue par des informations  –  articles, ouvrages, newletters, blogs ou sites sur internet – parfois incompétentes ou incomplètes n’est pas sans risques pour le patient.

Ainsi « pas de phytothérapie sans phytologie »[11]. La phytothérapie s’enseigne encore dans quelques facultés de médecine ou de pharmacie, officiellement sans conflits d’intérêts avec les laboratoires. Ce n’est pas toujours le cas, certains laboratoires ont même structuré des enseignements universitaires « à  la gloire » unique de leurs produits.

La composition naturelle complexe du produit végétal permet, par diverses interactions, une modulation nuancée des effets de celui-ci.

De plus, l’usage de la phytothérapie permet de cibler des fonctionnalités que l’allopathie ne sait pas atteindre (la notion de terrain, la santé intestinale, le stress oxydatif par exemple…).

La prescription de plantes médicinales s’intègre dans une prise en compte et en charge du patient, de la patiente de manière holistique (globale) et a pour objectif de traiter bien plus que le ou les symptà´mes physiques, sans oublier l’impact et l’importance de l’environnement, de l’alimentation sur la santé de chacun et chacune.

Suite à  mes premiers articles de phytothérapie en gynécologie dans Vous et votre santé en 1994, le Pr Pierre Cornillot qui y écrivit tout au long de ces années un billet mensuel d’humeur et de réflexion, me chargea en 1995 de l’enseignement de la gynécologie au D.U. de phytothérapie du DUMENAT.

Ceci m’amena sur les pas du Dr Maurice Girault, gynécologue à  Dijon, qui fut mon maà®tre dans des circonstances très privilégiées. Enseignant dans l’équipe du Dr Paul Belaiche-Daninos dès le début du D.U., il avait publié un traité de gynécologie et phytothérapie[12] en 1979. Il n’existait alors qu’un seul autre ouvrage de référence, un manuel de gynécologie naturopathique, « Mamamélis », écrit en 1984 par Mme Rina Nissim, fondatrice du Dispensaire des femmes à  Genève en Suisse.

Le Pr Pierre Cornillot me confia en 1997 la responsabilité du D.U. de phytothérapie qui avait été déserté au fil du temps.

Je créai alors avec son accord, un nouvel enseignement destiné aux non-médecins ; il connut et connaà®t encore un grand succès. Pendant 15 ans, je gérai avec l’aide précieuse d’anciens élèves[13] et des enseignants[14], dont certains comme le Dr Paul Iserin ou le Dr Janine Basire transmettaient leur savoir et leur pratique depuis la création du département, un double enseignement : l’un « de pratique médicale », destiné aux médecins, pharmaciens, sages-femmes, dentistes, vétérinaires ; l’autre « de conseil et d’information » pour les paramédicaux, les préparateurs-trices en pharmacie, les vendeurs(euses) en boutique diététique et les passionné(e)s…

Tout ceci se déroula durant quinze années sans la moindre aide ou soutien, bien au contraire… jusqu’à  ma démission en 2012 pour raisons personnelles. C’est le Dr Bernard Chemouny, homéopathe et phytothérapeute, qui assure maintenant la responsabilité de cet enseignement.

Articles, conférences, ouvrages, blog sur la phytothérapie en gynécologie… depuis près de 30 ans, j’écris, je publie, je communique afin de laisser des traces de ma pratique …  « hors-norme » a pu écrire une journaliste, ce qui me valut quelques difficultés.

J’ai parallèlement créé deux associations, l’AMPP, Association Médicale pour la Promotion de la Phytothérapie en 1999 et Au sein des femmes, dédiée aux femmes atteintes de cancer du sein en 2007. Cette dernière a fait des petits au Japon, en Belgique, au Maghreb. C’est ainsi que je publiais, entre autres[15], trois ouvrages sur le cancer du sein :  le premier[16] avec le Pr Henri Joyeux qui reçut le prix 2009 du livre de la prévention, décerné par l’Association Nationale de Prévention Médicale, présidée par le Pr Maurice Cloarec ; le second avec la journaliste Martine Laganier en 2010[17], le troisième en 2015, dédié à  David Servan-Schreiber, « Anticancer du sein »[18].

Mes objectifs ont toujours été de parler de la possibilité d’une prévention multifactorielle du cancer du sein, véritable fléau pour la femme, atteignant une femme sur huit ainsi que d’informer sur la place des médecines non conventionnelles – majoritairement la phytothérapie et l’homéopathie – et de la nutrition tant pour la prévention que pour l’accompagnement des thérapeutiques lourdes du cancer et de l’après-cancer.

J’ai rencontré sur mon chemin des êtres bienveillants, qui m’ont accordé confiance, aide et soutien et m’ont permis de progresser. En France et à  l’étranger… je ne peux en citer que certains : la Pr Katim Alaoui, la Pr Catherine Bennetau-Pelissero, Mme Christine Bouguet-Joyeux, le Pr Vincent Castronovo, la Dr Odile Cormann, le Pr Pierre Cornillot, le Dr Mohamed Ali Farah, Mme Anne Ghesquière, le Pr Kamel Ghedira, le Pr Lucien Israà«l[19], le Dr Thierry Janssen[20], le Pr Henri Joyeux, le Dr Gérard Magnaudeix, le Pr Robert Marty, le Dr Eric Menat[21], Dr Jean-Michel  Morel, Mme Atsuko Morita, le Dr Jean-Loup Mouysset, le Pr Michel Paris, le Pr Albert-Claude Quemoun, le Pr Jean-Robert Rapin, le Dr David Servan-Schreiber[22], le Dr Pierre Tubéry, la Dr Françoise Tubéry-Claustres, la Dr Anne Van Stappen… Je n’oublie pas mon père, Claude Arnal, qui fut mon premier supporter.

Je suivis des formations comme la sophrologie[23] puis la gynécologie psychosomatique[24] afin d’améliorer mon écoute et mon positionnement par rapport à  mes patientes.

J’avais vite compris que je ne pourrais pas toute ma vie prescrire les mêmes pilules, les mêmes hormones, les mêmes antibiotiques. Installée avec un homéopathe acupuncteur, je bénéficiai d’une patientèle particulièrement ciblée, réceptive et demandeuse de thérapeutiques naturelles en gynécologie.


Mes objectifs

  • àŠtre dans le respect de la femme, du fonctionnement de son corps, de ses cycles naturels
  • Avoir conscience de l’interférence permanente du cÅ“ur et du corps, de l’esprit et du corps[25]
  • Faire le choix si possible de thérapeutiques naturelles respectant le fonctionnement biologique et émotionnel
  • àŠtre à  l’écoute de la femme, dans sa globalité, dans son individualité, dans son histoire personnelle et familiale, dans ses non-dits
  • Accompagner, informer, verticaliser, responsabiliser
  • Ceci est le sens de mon engagement auprès des femmes, et ce, sur tous les fronts, cancer du sein, vaccination HPV, contraception…

Le saviez-vous ?

Les hormones de la pilule Å“stro-progestative et de la pilule micro-progestative, les hormones bio-identiques (17 bêta Å“stradiol, progestérone faussement appelée naturelles), les progestatifs, les hormones du traitement hormonal de la ménopause sont fabriquées par hémi-synthèse à  partir du végétal depuis plus de 50 ans. Sont aussi concernés les androgènes, les cortico-stéroà¯des et aussi certains anti-inflammatoires[26].

Les molécules végétales servant de support à  ces hémi-synthèses sont nombreuses :

  • De la famille des STEROLS :
    • insaponifiable de l’huile de soja, Glycine soja (stigmastérol, sitostérol)
    • huile de graine de coton, Gossypium spp. (sitostérol),
    • tall-oil, résidu du traitement alcalin des bois résineux pour l’obtention de la pà¢te à  papier,
    • matières cireuses de la canne à  sucre, Saccharum officinarum,
    • glyco-alcaloà¯des stéroà¯diques de certaines Solanacées,
    • Solanum aviculare, S. laciniatum, S. khasianum
  • De la famille des SAPOGENINES
    • diosgénine des tubercules de Dioscorea spp. (600 espèces), Dioscorea mexicana, D. floribunda, D. deltoà¯dea, D. zingirebensis,
    • diosgénine du fénugrec, Trigonella foenum graecum, …,
    • hécogénine de certaines Agaves, Agave sisalana, A. fourcroydes,
    • smilagénine, sarsasapogénine de Liliacées du genre Smilax et du genre Yucca, Smilax aristolochiaefolia, S. regelii, S. febrifuga.

Le saviez-vous ?

Actives dans le cancer du sein, certaines chimiothérapies anti-cancéreuses sont synthétisées à  partir du végétal

L’if du Pacifique, Taxus brevifolia

La toxicité des feuilles et des graines de  l’if du Pacifique est connue depuis toujours, celles-ci étant traditionnellement utilisées par la population autochtone comme poison de flèches.

Les propriétés anti-cancéreuses de l’écorce d’if ont été découvertes en 1960 avec la mise en évidence d’un diterpène, le taxol.

Des difficultés d’approvisionnement furent rapidement observées : l’if étant un arbre à  croissance lente ; le rendement se révélant minime : 12000 arbres étant abattus pour leur écorce, permettant l’obtention de 2kg de taxol. De plus, un problème écologique se présentait : un hibou tacheté ne vivait que dans cet if et se trouvait de la sorte menacé.

Les chimistes découvrirent le moyen de faire une hémisynthèse de la molécule à  partir de la feuille, matière première renouvelable et ne mettant pas en danger ni l’arbre, ni le hibou.

Deux médicaments de chimiothérapie anticancéreuse en résultèrent :

  • le TAXOL® mis sur le marché en 1993 et actif dans les cancers de l’ovaire et du sein
  • le TAXOTERE® mis sur le marché en 1995 et actif dans le cancer du sein

La pervenche de Madgascar, Catharantus roseus

La pervenche de Madagascar[27], utilisée traditionnellement comme anti-diabétique, était connue pour provoquer des leucopénies.[28]

Les scientifiques ont mis en évidence dans cette plante toxique (la racine encore plus que la feuille) la présence de plus d’une centaine de molécules, des alcaloà¯des ayant un effet anti-tumoral.

Deux médicaments anticancéreux, la VINBLASTINE ® active dans la maladie de Hodgkin et la VINCRISTINE ® efficace dans certaines leucémies ont été rapidement mis sur le marché mais tous deux présentaient des effets secondaires neurologiques limitants.

Malgré une culture facile de cette plante, l’association du problème du rendement très faible (500mg de vincristine/tonne de plante sèche) et des effets secondaires délétères conduisirent à  l’hémisynthèse de la vinorelbine, NAVELBINE ®.

Cette molécule bien mieux supportée résulte d’une mise en culture à  Madagascar de cette plante avec des rendements plus performants, 1 kg pour 4 tonnes de plantes. La tolérance est améliorée et il n’existe pas de neurotoxicité. Elle est active dans les cancers du sein et du poumon.


Sources

[1] C’est le Dr Paul Belaiche-Daninos, médecin généraliste et phytothérapeute de renom qui va assurer la responsabilité de ce Diplà´me Universitaire de Phytothérapie jusqu’en 1994, puis ce sera le tour du Dr Paul Iserin, pharmacien réputé d’officine. Enfin, j’hériterai de ce poste en 1997 et assurerai pendant quinze ans la gestion et l’organisation de ce D.U.

[2] Ce qui marche, ce qui ne marche pas en phytothérapie, co-auteur avec  Mme Patricia Bareau, Dr Bérengère Arnal, Dr Jean-Charles Schnebelen, Editions Josette Lyon, 2003, 2005 ; La santé par les plantes, co-auteur avec Dr Bérengère Arnal, Dr Paul Goetz, 2003

[3] Définition de la pharmacognosie : étude des matières premières et des substances à  visée thérapeutique d’origine biologique dont végétale

[4] La phytothérapie moderne, de la tradition à  la science, Editions Pierre Fabre, 1989

[5] Médecine fondée sur des preuves

[6] Tout savoir sur le pouvoir des plantes, sources de médicaments, Editions Favre, 1997

[7] Le terme allopathie désigne la médecine classiquement employée dans les pays occidentaux, des médicaments sont administrés pour contrecarrer les symptà´mes d’une maladie. La phytothérapie dont l’aromathérapie et l’oligothérapie sont des thérapeutiques allopathiques à  l’opposé de l’homéopathie qui pour soigner une maladie va faire absorber des substances (diluées et dynamisées) qui provoqueraient les mêmes symptà´mes.

[8] Traité pratique de phytothérapie, Editions Grancher, 2008. Le Dr Jean-Michel Morel, médecin généraliste phytothérapeute, élève du Dr Jean Valnet[8], est un véritable militant pour « LA » cause. Président-fondateur du Syndicat national de la phyto-aromathérapie et responsable de l’enseignement de la phytothérapie à  Besançon en Facultés de Médecine et de Pharmacie.

[9] « mais parfois aussi d’antagonisme. »

[10] Traité de Phytothérapie et d’Aromathérapie en 3 volumes, 1979, Editions Maloine

[11] Dr Jean-Charles Schnebelen, pharmacien, enseignant de phytothérapie, Faculté de médecine Paris 13, il fut mon premier « professeur »

[12] Traité de Phyto-Aromathérapie, Editions Maloine, 3 tomes, l’ouvrage du Dr Maurice Girault étant le troisième tome

[13] Dominique Delaporte, Heat Sun Han

[14] Dr Paul Iserin, Mme Geneviève Dupont dit Martin, Dr Paul Goetz, Dr Marc Jacquemin, Dr Jean-Charles Schnebelen, Dr Francis Perrey, Dr Alain Launay, Dr Fabienne Millet, Dr Franck Gigon, Mr Guy Roulier…

[15] voir bibliographie sur mon blog

[16] Comment enrayer l’épidémie des cancers du sein et des récidives, 2007, 2010, 2013, Editions du Rocher

[17] Le cancer du sein, prévention et accompagnement par les médecines complémentaires, 2010, Editions Eyrolles

[18] Anti-Cancer du sein, 2e édition remaniée du précédent, avec Martine Laganier, 2015, Editions Eyrolles

[19] http://www.femininbio.com/search/site/arnal{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff}20israel

[20] http://www.femininbio.com/search/site/arnal{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff}20janssen

[21] http://www.femininbio.com/search/site/arnal{b25895a8f5e0ff3719105b2677d38433f335dc254f3fece3fcbe7f59b02166ff}20servan-schreiber

[22] que j’ai interviewé et réciproquement à  son domicile, vidéos de Femininbio.com

[23] Iseba : Mme Danièle Raynal, Bordeaux

[24] Enseignement du Dr Sylvain Mimoun, 4 ans, Paris

[25] et … du cÅ“ur et de l’esprit

[22] Stérols et stéroà¯des, Gaignault Dicet Gaillard Perronnet, Editions Ellipses Marketing, 1997

[27] à  ne pas confondre avec la petite pervenche, Vinca minor

[28] Leucopénie : baisse des globules blancs dans le sang

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