19 Oct 2017

title pic Le syndrome prémenstruel (SPM) est évitable !

Posté par Bérengère Arnal le 27 octobre 2014

C’est ce qu’explique le docteur Arnal dans cette interview parue dans la revue Plantes & Bien-être d’octobre 2014 :

Bérengère Arnal, gynécologue, est connue par toutes les femmes qui s’intéressent aux méthodes naturelles ! Cette spécialiste en phytothérapie et présidente de l’association Au sein des femmes, milite pour la prévention du cancer du sein et l’importance de l’accompagnement par les médecines naturelles.

Le Dr Bérengère Arnal est à la fois gynécologue obstétricienne et spécialiste en phytothérapie. À peine installée, elle comprend vite qu’elle ne souhaite pas toute sa vie prescrire les mêmes pilules, hormones ou antibiotiques… Elle veut pratiquer une médecine plus personnalisée. Formée à l’homéopathie, elle rencontre Albert-Claude Quemoun, homéopathe apprécie et respecté pour sa grande érudition, puis le Pr Pierre Cornillot, doyen fondateur de la faculté de médecine de Bobigny, qui lui confie l’enseignement de la gynécologie dans le cadre du Diplôme universitaire de phytothérapie. En 1997, elle en prend la responsabilité pour quinze ans, durant lesquels l’équipe d’enseignants forme des centaines de médecins, pharmaciens, ainsi que des non-médecins dans le cadre d’un diplôme universitaire de Conseil et information en phytothérapie.

Dr Arnal, qu’est-ce que les soins par les plantes peuvent concrètement apporter de plus en gynécologie ?

Les plantes médicinales peuvent soigner un grand nombre de petits maux du quotidien, permettant de repousser ou d’éviter la prescription de médicaments conventionnels. Elles peuvent aussi être associées aux médicaments afin d’en diminuer les posologies, les temps de prise et les effets secondaires.
La composition et les propriétés thérapeutiques du végétal, leurs contre-indications et interactions (végétal-allopathie, végétal-végétal) sont connues. Elles font l’objet de recherches dans les facultés de sciences et de pharmacie du monde entier ainsi que dans le secret des grands laboratoires pharmaceutiques. C’est une médecine de pointe !

Vous venez de publier un livre sur le syndrome prémenstruel (SPM) dont 40 % des femmes souffrent à un moment de leur existence. En quoi consiste au juste ce syndrome ?

Le SPM est un ensemble de manifestations physiques et psychiques rythmées par le cycle, apparaissant avant les règles et cessant au moment des règles. On dénombre près de 150 symptômes qui, heureusement, ne se manifestent pas simultanément. Ils sont variables d’une femme à l’autre et même d’un cycle à l’autre chez une même femme. Les plus fréquents sont les suivants : troubles des règles, mauvaise humeur, tristesse, anxiété, insomnie, seins gonflés et douloureux, ventre ballonné, prise de poids, jambes lourdes, acné, fatigue, migraines… et aussi frénésie de rangement, de ménage ou de dépenses !

Les médecins connaissent-ils les causes de tous ces troubles ?

Les causes sont multiples et s’interpénètrent… nous en connaissons beaucoup : des désordres hormonaux, des déficits en minéraux et vitamines (magnésium et vitamine B6 font partie de toutes les ordonnances de SPM), une mauvaise gestion des émotions (stress), une alimentation déséquilibrée, le tabac, le travail la nuit, les perturbateurs endocriniens, la candidose chronique, l’hyperméabilité intestinale. Le SPM peut aussi être induit par la prise de thérapeutiques hormonales déséquilibrées – pilules, progestatifs, traitement hormonal de la ménopause…

Quel est le rôle du psychisme dans le déclenchement du syndrome ?

Le rôle des émotions est essentiel. Certains neuromédiateurs cérébraux – sérotonine, GABA, endorphines…– sont directement impliqués dans le lien entre la gestion des émotions et son retentissement sur tout l’axe hormonal : cortex cérébral, hypothalamus, hypophyse, ovaires. La thyroïde et les surrénales sont souvent impliquées.

Le déroulement du SPM est en lien direct avec le vécu émotionnel de chacune, cela explique pourquoi les symptômes peuvent varier d’un cycle à l’autre et les thérapeutiques proposées pas toujours adaptées.

L’allopathie propose son arsenal thérapeutique… avec des effets secondaires

Les solutions allopathiques sont diverses : hormonales (contraception hormonale œstro-progestative ou microprogestative, progestatifs de synthèse, parfois œstrogènes de synthèse, stérilet hormonal), antidépresseurs dans certains cas, antalgiques anti-inflammatoires non stéroïdiens, antihémorragiques, diurétiques.

Les effets secondaires des hormones de synthèse sont multiples : les plus fréquents sont une prise de poids, des gonflements, une chute de la libido, des troubles de l’humeur… Ceux liés à la prise d’antidépresseurs : une fatigue, des troubles de la libido, des nausées… Les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent générer des troubles digestifs.

Mieux vaut se tourner vers des solutions plus naturelles, alors !

La prise en charge en médecine non conventionnelle va proposer, en plus du traitement phyto-hormonal, s’il est nécessaire, des thérapeutiques naturelles du stress, de drainage, de la circulation… Et encore des minéraux et des vitamines. Pourquoi pas une homéopathie complémentaire de la phytothérapie et des huiles essentielles spécifiques… Le tout assorti de conseils d’hygiène de vie au niveau nutritionnel, sportif, ou de la gestion des stress.

Il faut s’occuper de soi à 100 % ! Concrètement, comment cette prise en charge se traduit-elle au quotidien ?

Au niveau nutritionnel, varier son alimentation (selon le Pr Michel Massol) avec 40 aliments différents par semaine. Faire la chasse aux produits contenant du sirop de glucose, des graisses hydrogénées. Privilégier la consommation de légumes et fruits, préférer les viandes blanches aux viandes rouges, consommer des petits poissons riches en oméga-3, si possible manger « bio », cuisiner à la vapeur douce… Ne pas oublier de diminuer le sel dans l’alimentation et se méfier des plats cuisinés industriels souvent trop salés.
Quant à la gestion des stress : apprendre et pratiquer la respiration abdominale consciente, prendre le temps d’un repos régulier par la pratique d’une courte sieste au quotidien, s’inscrire au yoga, à la sophrologie, au qi gong… et y aller régulièrement !

Préférer des plantes aux molécules allopathiques anxiolytiques et hypnotiques pour traiter l’anxiété et les troubles du sommeil.
Pratiquer un drainage régulier avec des plantes spécifiques, pourquoi pas en tisane pour s’obliger à boire suffisamment !

Quelles sont les plantes les plus adaptées au SPM de la préménopause ? Comment faut-il les prendre ?

Le SPM de la préménopause correspond à une situation physiologique de déséquilibre hormonal. Les ovaires cessent de sécréter de la progestérone, le cycle hormonal est soumis à une dominance en œstrogènes qui génère un certain nombre de perturbations. Les cycles deviennent de plus en plus irréguliers, les règles sont plus abondantes ou moins abondantes, des saignements entre les règles peuvent survenir, et surtout un SPM peut apparaître ou s’aggraver. Le traitement phyto-hormonal vise à apporter des plantes à action progestérone comme le gattilier, l’alchémille, l’achillée millefeuille. Ces plantes pourront être prises sur le même schéma que les progestatifs de synthèse, 10, 15, 20 jours par mois ou en continu.

Vous dites que le facteur émotionnel a une importance dans les SPM. Les fleurs de Bach trouvent-elles une place dans le traitement ?

Les fleurs de Bach seules ou associées à d’autres traitements non conventionnels ont toute leur place dans la régulation émotionnelle nécessaire dans un grand nombre de SPM. Fleurs de Bach comme Mustard (moutarde), Impatiens (impatience), Hornbeam (charme), Crab apple (pommier sauvage)… autant de remèdes spécifiques de chaque femme à adapter en fonction de l’évolution du syndrome.

Quand on lit la longue liste des SPM, on a l’impression que toutes les femmes doivent tôt ou tard y être confrontées. Faut il se résigner ou la lutte est-elle possible ?

Les SPM sont évitables ! Avoir une alimentation équilibrée, pratiquer un sport régulièrement, bien gérer les stress quelle que soit la technique utilisée, respirer, méditer, faire la sieste, se soigner en médecines non conventionnelles pour le quotidien… il y a une conduite de vie idéale qui permet un équilibre hormonal parfait sans aucun syndrome prémenstruel !

Propos recueillis par Alessandra Moro Buronzo

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